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Artbasel à Bâle en Suisse, la plus importante foire d’art contemporain au monde, et la Biennale de Venise, 54ème édition italienne et démonstration artistique de nombreux pays, ont ouvert leurs portes aux curieux, professionnels, visiteurs lambda et collectionneurs grands et petits. Ces deux événements majeurs résonnent en écho étrange en France alors que des élus de droite et de gauche réclamaient quelques jours plus tôt l’assujettissement des œuvres d’art à l’impôt de solidarité sur la fortune.

Dans nos démocraties, la politique ne sert pas la justice et la justesse portées par le bon sens, mais piétinent dans la fange des démagogiques toujours prêts à dégainer leur bassesse opportuniste pour flatter le peuple, gagner des voix.

Hypocrite et imbécile, cet amendement visant à taxer la partie visible d’un supposé iceberg fiscal, a été vivement contesté par le chef de l’Etat et le gouvernement soi-même qui craignaient à juste titre que, dans notre monde où tout est délocalisable, les tableaux, sculptures et mobilier ancien partent à la cloche de bois. C’est déjà le cas d’une bonne partie des ventes aux enchères dont la France perd chaque année des parts de marché, et c’est vrai de nombreux collectionneurs qui préfèrent s’installer sous des cieux plus accueillants pour leurs fondations et leurs œuvres d’art. Brett Gorvy, directeur mondial de l’art contemporain de la maison de ventes Christie’s soulignait dans Les Echos du 18 juin, qu’il « y a au niveau mondial environ 750 personnes considérées comme de véritables collectionneurs capables de dépenser 500 000 dollars tous les six mois pour une œuvre ». Des collectionneurs qui ne sont pas installés en France. Ou trop peu. Faut-il rappeler, la délocalisation à Venise de la collection de François Pinault, un milliardaire las d’être confronté à une administration tatillonne et à des politiciens couards. Un même drame a failli se renouveler avec le procès intenté par des citoyens faisandés contre la fondation Louis Vuitton pour la création en construction dans le Bois de Boulogne. Il est vrai que les Français détestent les « riches » tout en se délectant de leur bonheur dans les magazines people. Il est vrai que les Français, conservateurs obtus qui se prosternent devant le tabernacle de leur passé, ne sont guère sensibles à l’art moderne et soutiennent peu ou mal leurs artistes. Il suffit d’observer les réactions agressives et les controverses stériles contre les installations contemporaines qui se mêlent à la grandeur figée et mortifère de Versailles. Jean-Jacques Ailagon, Président du domaine de Versailles, ne se laisse pas démonter par cette vaguelette de protestations d’une France qui, pour avoir peur d’avancer, préférera toujours reculer dans la mesquinerie, un recroquevillement mental de mieux en mieux partagé. Hélas ! 

Tag(s) : #Idées

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