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Nos médiacraties poussées par la nécessité de transparence de l’information nous condamnent de plus en plus à la précipitation déclaratoire, au risque de créer des dégâts considérables sur une activité, un peuple, un projet, un légume… Le concombre espagnol en a fait les frais après que le ministre allemand de la santé Daniel Bahr l’ait accusé d’avoir contaminé ses compatriotes. Avec le résultat que l’on connaît : un effondrement des ventes de concombres mais aussi d’autres légumes et même de fruits frais.

Le plus tristement comique dans cette histoire étant que les contempteurs de l’agriculture intensive et autres terroristes anti-OGM ont accusé les maraîchers ibères d’être responsables de cet empoisonnement par un productivisme acharné, alors que finalement derrière le concombre (dé)masqué, ce sont des graines germées bio qui sont à l'origine de la propagation de la bactérie tueuse. Car dans la vraie vie, les aliments biologiques tant vantés par les bio-bios des villes sont loin de nous promettre l’éden naturel espéré.

Sans vouloir jeter l’anathème et l’eau du bain d’un récupérateur de pluies (acides ?), force est de constater que cet incident —qui a fait tout de même 33 victimes et près de 3 100 personnes hospitalisées— devrait remettre le bio dans une réalité moins idyllique.

Si le bio n’est pas mauvais, il n’est pas prouvé qu’il soit meilleur au goût et pour la santé que « l’intensif ». A ce propos, le bio étant très tendance et la production de fait trop faible, les producteurs de ce secteur sont condamnés, pour répondre à la demande, à produire de manière soutenue en utilisant par exemple des fongicides naturels, comme le souffre ou le cuivre, qui ne sont pas à proprement parlés excellents ni pour la terre ni pour les hommes. Et sous des apparences écologiquement correctes, le bio affiche une empreinte carbone souvent médiocre, en consommation d’énergies pour le produire et en transport quand il s’agit de les importer de pays producteurs loin des pays consommateurs. Bon le bio ? Oui mais…

Gardons les pieds sur terre, sacrifier l’intensif au profit du bio et vice versa, ne va pas résoudre le problème crucial de notre humanité actuelle et future : nourrir 8,3 milliards d’hommes en 2030. Il faudra beaucoup plus que quelques graines biologiques germées sous serre pour répondre à ce défi historique. Dernier point important quant à la différence entre le bruit médiatique et le poids du réel : en 1950, on dénombrait 15 000 morts par toxi-infection en France, 40 ans plus tard, c’est moins de 200 par an… 

Tag(s) : #Objets

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