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Vu de l’étranger, la France est souvent perçue comme un pays étrange, bizarre, irritant, has been… Une nouvelle fois, l’Hexagone a subi un bashing en bonne et due forme au regard du dernier combat d’arrière garde mené par une frange réactionnaire rencognée dans un chauvinisme mal digéré (les revenants de la France moisie ?). Je parle ici de l’improbable débat sur l’introduction de certains cours en anglais dans les facs du pays pour des raisons d’attractivité de notre enseignement universitaire —il est important d’attirer des étudiants étrangers ce qui est de moins en moins le cas— mais aussi pour rappeler aux étudiants français que l’avenir commence ici et surtout ailleurs dans un monde ouvert dominée par une économie globalisée au melting pot des influences Nord-Sud-Est-Ouest où chacun cherche à prendre l’ascendant sur l’autre.

Depuis la révolution industrielle commencée en Angleterre autour de 1760, embrayée par la colonisation et la financiarisation du monde, l’économie carbure aux locutions anglo-saxonnes. Ce qui explique que la langue de Shakespeare soit devenue le véhicule d’échanges privilégié du business.

On devrait plutôt parler de dialecte que de langue, en effet, la plupart des acteurs de la mondialisation open source parle « globish » (Global English), un succédané de british, une sorte d’anglais générique passé au tamis du baragouinage pour ne garder que l’essentiel d’un dictionnaire résumé à grosso modo 1.500 mots d’usages courants. Jean-Paul Nerrière, un frenchy ex-président d’IBM, en a d’ailleurs fait son miel et son fond de commerce en promouvant une méthode pour jacter anglo-ricain dans les codir, comex et autres conseils d’administration.

Depuis longtemps déjà, la France n’est pas à proprement parlée business friendly (le gouvernement gauchiste actuel n’arrange pas cette tare) et se dresse sur ses ergots dès que le vocable « mondialisation » est prononcé par une classe politique veule et médiocre. Pourtant, parler globish n’est pas une pollution de la pensée gauloise, juste un outil pour préserver sa place dans le monde et causer à tout le monde. Et c’est urgent, la position hexagonale se dégrade dans une Tour de Babel où résonnent en priorité les accents anglo-saxons, hispaniques et chinois : pour mieux défendre la francophonie à juste titre, il faut parler anglais, c’est tout le paradoxe de notre civilisation globale…

 

Discover Jean-Paul Nerriere about Globish with Japanese subtitle : amazing…

 

Tag(s) : #Idées
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