Tendances

Lundi 20 février 2012 1 20 /02 /Fév /2012 07:42

Les bons concepts marketing s’appuient en général sur un marché qui existe, mais non exprimé et/ou sans avoir été « travaillé » en profondeur. Ils fonctionnent sur une idée simple, compréhensible, accessible par un nombre de clients potentiels extrêmement large.

C’est le cas des « box » qui proposent un contenu, un contenant et un usage, qui insistent sur l’idée d’une praticité ludique. Les opérateurs téléphoniques ont sorti leur « box » qui donne accès à la téléphonie mobile et filaire, à internet, à la télévision. Les producteurs de vins les plus téméraires ont promu le bib, bag-in-box, le vin en « boîte », un contenant idéal pour une consommation collective et festive. L’agroalimentaire a renouvelé le petit plat à emporter avec la « food in box ». Des entreprises ont animé le secteur du cadeau événementiel avec des coffrets thématiques. Et depuis peu, le secteur de la beauté est aussi tombé dans la boîte. Un secteur qui pèse $ 380 Mdrs de CA mondial et qui est fortement producteurs de nouveaux produits et de nouvelles marques. Les consommatrices (et les consommateurs dans une moindre mesure) attrapent le tournis face à des salves de lancements ininterrompus.

Dans le but d’aider leurs congénères à mieux appréhender ce marché épuisant, deux ex-étudiantes de la Harvard Business School, Katia Beauchamp et Hayley Barna, ont convaincu quelques marques de participer à leur concept « d’essayage beauté » avec une sélection de produits en miniature logées dans une boîte et adressées à des clientes potentielles. Ainsi est née la Birchbox qui, au-delà du simple échantillonnage, propose un abonnement aux beauty addicts : contre $10 par mois, elles reçoivent de nouveaux produits de soins, de maquillage, des parfums… Une vraie demande non exprimée, puisque les deux jeunes créatrices ont généré $ 12 Ms de CA avec 100.000 clientes abonnées en un peu plus d’un an d‘existence !

Un nouveau marché juteux qui attire les marques bien sûr acceptant sans trop rechigner d’entrer dans la boîte proposée par une flopée d’intervenants dans le monde entier, une grosse vingtaine à ce jour : GlamBox, My Little Box, Glamabox, Ritzbox, GlossyBox, JolieBox, Precious Box, Ma Boîte à Beauté… Sans parler d’investisseurs alléchés qui prévoient que le concept de la Beauty-Box pourrait dans cinq ans réaliser 5% du CA de l’industrie mondiale de la beauté pour qui la mise en boîte ne fait pas un pli…

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Photos : © BBox Bouygues Telecom, Bib, Pastabox Sodeb’O, Smartbox, Birchbox. 

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Vendredi 17 février 2012 5 17 /02 /Fév /2012 08:00

La France est connue pour être le pays du bien vivre plébiscité par les touristes du monde entier qui choisissent l’hexagone comme destination n°1 à découvrir, un endroit idéal pour passer du bon temps.

Le peuple français est réputé pour être le plus déprimé au monde, un peuple anxieux, défaitiste, n’ayant aucune confiance dans l’avenir, dépressif et déprimant ; conséquence, il est en tête dans la consommation d’anxiolytiques, antidépresseurs, hypnotiques et autres neuroleptiques… Les Français consomment en effet deux fois plus de tranquillisants que les Espagnols, cinq fois plus que les Italiens ou les Allemands, huit fois plus que les Anglais… On voit par là qu’il est difficile de comprendre combien le bien vivre puisse conduire à un tel mal être.

Dans le domaine des neurosciences, des chercheurs de l’université Duke en Caroline du Nord ont fait une découverte intéressante pour transformer cette mélancolie en bonheur : ils ont constaté qu’en faisant inhaler de l’ocytocine à des macaques, ceux-ci devenaient plus affectueux. Hormone peptidique secrétée par l’hypophyse postérieure, l’ocytocine « inhibe les barrières sociales » et pourrait être synthétisée pour un usage thérapeutique. Les chercheurs vont mener des essais sur l’homme dans le but de créer « une hormone du bonheur social ». Un médicament qui serait présenté sous forme d’un nébulisateur ou d’un aérosol de poche : il suffirait d’une ou deux inhalations pour tomber en affection avec tout le monde, regarder le ciel gris virer au bleu, la vie devenir rose… Ainsi, la calinothérapie chimique serait la voie d’avenir pour transformer le peuple français en peuple le plus gentil du monde.

Retour au peace and love ? On peut rêver… 

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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 07:45

Dans la course mondialisée à la reconnaissance urbaine, les mégapoles se grattent les méninges pour bétonner au plus photogénique. Les starchitectes sont conviés à la table des édiles pour mettre en scène leur égo aussi surdimensionné que les tours qu’ils fantasment sous toutes les latitudes.

 Plusieurs d’entre elles interpellent le quidam qui lève les yeux au ciel en se demandant jusqu’où tout ça peut aller. Mais plus encore, ces tours suscitent parfois l’ironie ou la colère. La première est la tour ArcelorMittal Orbit imaginée par Anish Kapoor sur le site des JO à Londres. Avec cet édifice qui ressemble à un intestin d’acier, nos amis anglais veulent fournir la réponse de Londres à Paris et à sa Tour Eiffel, une nouvelle bataille picrocholine entre les deux rives de la Manche s’engage : les Anglais cherchent toujours à se différencier du Vieux Continent en poignardant les Français de stylets politico-culturels toujours affutés. Reste qu’il va être difficile de comparer les viscères d’Anish Kapoor de 115 mètres avec l’allure racée d’Eiffel et ses 324 mètres.

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 Si un registre différent, le projet de tours jumelles baptisées « The Cloud » à Séoul en Corée du Sud imaginées par l’agence néerlandaise MVRDV fait débat et révolte les Américains. Ce duo de gratte-ciels est en effet relié par un « nuage de pixels » en béton, une excroissance qui n’est pas sans rappeler le nuage de fumée des deux tours du World Trade Center à New York lors des attentats du 11 septembre. Les architectes se sont excusés pour cet acte involontaire, mais peut-être inconscient tant les images de ces tours attaquées par des avions de ligne ont marqué les esprits. Créativité ou mauvais goût ? A chacun d’y voir ce qu’il veut y voir…  

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 En attentant, les amateurs de nez en l’air s’esbaudiront devant l’élévation attendue de la Kingdom Tower à Djeddah en Arabie Saoudite qui devrait mesurer plus d’un kilomètre de hauteur, on parle même de 1.600 mètres ! Un projet démentiel du prince saoudien Alwaleed bin Talal qui entend concurrencer la tour Burj Khalifa de son voisin dubaïote qui n’est haute « que » de 828 mètres. Chez les rois des pétrodollars, le pouvoir est en effet une érection de béton et d’acier…

 

 

Photos : © D.R.

 

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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 07:26

weight-watchers_ancien.jpg Le spécialiste des régimes planétaires Weight Watchers d’origine américaine, une belle affaire qui rencontre un vrai succès depuis 1963, a lancé une offensive publicitaire pour recruter de nouvelles clientes (et quelques rares clients…). Derrière une invitation contradictoire pour une entreprise dédiée aux programmes alimentaires destinés à perdre du poids  —Stop les régimes— et une nouvelle incantation —Réapprenez à manger—, Weight Watchers déballe des bouches cosmétiquées mâchant des aliments « interdits » par les amincisseurs patentés.

FAUCHON-cdd11711-3473-4395-bc4e-e5b120baa259-augure.jpg Le choix graphique de cette campagne a eu l’heur d’agacer Fauchon qui utilise la « bouche » comme icône à son glamour renaissant. Comme en témoigne la dernière image présentée au moment des fêtes de Noël où des lèvres à la sensualité luxurieuse se maquillent au caviar…

L’utilisation de lèvres glossy dans l’univers publicitaire est un cliché vieux comme le cinéma hollywoodien inventeur du star system, elles évoquent la sensualité gourmande, l’attraction sexuelle largement en usage dans les métiers de bouches les bien nommés, secteur phallocrate comme l’est tout autant celui de la publicité. Nombre de campagnes tombent en effet dans le cliché pour nous faire de l’œil…

Car les lèvres cosmétiquées des femmes suggérant une envie extatique de mordre dans un produit, une marque, un service, sont une facilité créative facilement décodable par les individus lambda, par vous et moi. Dans le même temps, elles sont le lieu de l’instinct en psychanalyse, une zone érogène (non génitale) dont le stade libidinal démarre chez les bébés qui tètent le sein de leur maman, une succion destiner autant à nourrir qu’à apporter du plaisir, une excitation qui réveille les sens, invite à faire les premiers pas dans la sexualité.

la-foire-de-paris-pub-sexiste_96.jpgFinalement, cette sorte de transport publicitaire exprimée par ses déballages de bouches glamour et fortement ripolinées n’est qu’une façon érotique de nous conditionner et nous rappeler que, dans la société de consommation, le shopping est notre orgasme quotidien.

 

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Photos : © Weight Watchers, Fauchon, Foire de Paris, Ice Tea

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Jeudi 26 janvier 2012 4 26 /01 /Jan /2012 08:04

Dans la comédie de Jacques Besnard, « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » datant de 1975, le trio Serrault, Lefebvre et Blier se frottent à Madame Rose, une dame-pipi de la Gare de l’Est ; incarnée par Tsilla Chelton, cette préposée aux besoins pressants qui vit dans la faïence et le désodorisant, parvient à casser son ennui en détournant la naïveté des protagonistes. Et ce d’autant que Madame Rose ancrée dans son sous-sol une grande partie de son existence, n’a pas eu la chance de profiter de la créativité des designers pour décorer ces lieux de passage où chacun fait ses petites affaires le plus rapidement possible pour fuir les pestilences et les sordides éclairages au néon, en lançant un pièce dans une soucoupe, le mépris au bord des lèvres. L’homme est ainsi, il abandonne chaque jour une partie de lui-même sans se retourner…

Pour faire oublier ces désagréments, le fabricant de papier toilette branché Renova ou l’enseigne haut de gamme Point WC s’attachent depuis quelques temps à créer des petits coins publiques confortables et luxueux comme une suite d’hôtel, un lieu plaisant où la notion d’aisance prend enfin tout son sens.

Dans cette même optique de transformer un endroit où l’on passe en un espace où l’on vit un moment agréable, la société Viparis, gestionnaire de salons et de sites d’exposition, a décidé de réaliser une mise en scène (mise en image devrait-on dire) étonnante, une véritable métamorphose des toilettes du Pavillon 7 implanté dans le parc Paris Expo Porte de Versailles. Un duo d’agences, Next One et Mon Moulin, a été mandaté pour créer un habillage « total covering » très spectaculaire qui plonge le visiteur et ses envies dans un environnement dépaysant grâce à des adhésifs collés du sol au plafond sur des thèmes évocateurs : campagne, banquise, arty, mode et jeux vidéo.

Inutile de dire que pénétrer ici surprend, et uriner devient enfin un voyage, déféquer une traversée... Si les visiteurs apprécient la balade, la société Viparis va poursuivre l’expérience dans les toilettes de tous ses sites dans la capitale, et ils sont nombreux. 

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Photos : © Viparis

 

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JumellesPour écrire les nouvelles histoires du monde, il faut aller à l'intuition, laisser filer la pensée, il faut aussi savoir capter les mouvements d'une humanité agitée, éclatée. Rien de telle qu'une immersion permanente dans un bouillon de cultures. Culture économique, culture sociale, culture politique, culture artistique, culture marchande... : le regard doit être partout pour attraper d'un coup d'oeil le fugace, l'indicible.
Le captologue est un voyeur du moment présent qui ne ferme les yeux que pour imaginer de quoi demain sera fait.
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