Les bons concepts marketing s’appuient en général sur un marché qui existe, mais non exprimé et/ou sans avoir été « travaillé » en profondeur. Ils fonctionnent sur une idée simple, compréhensible, accessible par un nombre de clients potentiels extrêmement large.
C’est le cas des « box » qui proposent un contenu, un contenant et un usage, qui insistent sur l’idée d’une praticité ludique. Les opérateurs téléphoniques ont sorti leur « box » qui donne accès à la téléphonie mobile et filaire, à internet, à la télévision. Les producteurs de vins les plus téméraires ont promu le bib, bag-in-box, le vin en « boîte », un contenant idéal pour une consommation collective et festive. L’agroalimentaire a renouvelé le petit plat à emporter avec la « food in box ». Des entreprises ont animé le secteur du cadeau événementiel avec des coffrets thématiques. Et depuis peu, le secteur de la beauté est aussi tombé dans la boîte. Un secteur qui pèse $ 380 Mdrs de CA mondial et qui est fortement producteurs de nouveaux produits et de nouvelles marques. Les consommatrices (et les consommateurs dans une moindre mesure) attrapent le tournis face à des salves de lancements ininterrompus.
Dans le but d’aider leurs congénères à mieux appréhender ce marché épuisant, deux ex-étudiantes de la Harvard Business School, Katia Beauchamp et Hayley Barna, ont convaincu quelques marques de participer à leur concept « d’essayage beauté » avec une sélection de produits en miniature logées dans une boîte et adressées à des clientes potentielles. Ainsi est née la Birchbox qui, au-delà du simple échantillonnage, propose un abonnement aux beauty addicts : contre $10 par mois, elles reçoivent de nouveaux produits de soins, de maquillage, des parfums… Une vraie demande non exprimée, puisque les deux jeunes créatrices ont généré $ 12 Ms de CA avec 100.000 clientes abonnées en un peu plus d’un an d‘existence !
Un nouveau marché juteux qui attire les marques bien sûr acceptant sans trop rechigner d’entrer dans la boîte proposée par une flopée d’intervenants dans le monde entier, une grosse vingtaine à ce jour : GlamBox, My Little Box, Glamabox, Ritzbox, GlossyBox, JolieBox, Precious Box, Ma Boîte à Beauté… Sans parler d’investisseurs alléchés qui prévoient que le concept de la Beauty-Box pourrait dans cinq ans réaliser 5% du CA de l’industrie mondiale de la beauté pour qui la mise en boîte ne fait pas un pli…

Photos : © BBox Bouygues Telecom, Bib, Pastabox Sodeb’O, Smartbox, Birchbox.
Le spécialiste des régimes planétaires Weight Watchers d’origine américaine, une belle affaire qui rencontre un
vrai succès depuis 1963, a lancé une offensive publicitaire pour recruter de nouvelles clientes (et quelques rares clients…). Derrière une invitation contradictoire pour une entreprise dédiée aux
programmes alimentaires destinés à perdre du poids
Le choix graphique de cette campagne a eu l’heur d’agacer Fauchon qui utilise la
« bouche » comme icône à son glamour renaissant. Comme en témoigne la dernière image présentée au moment des fêtes de Noël où des lèvres à la sensualité luxurieuse se maquillent au
caviar…
Finalement, cette sorte de transport publicitaire exprimée par ses déballages de bouches
glamour et fortement ripolinées n’est qu’une façon érotique de nous conditionner et nous rappeler que, dans la société de consommation, le shopping est notre orgasme quotidien.


Pour écrire les nouvelles histoires du
monde, il faut aller à l'intuition, laisser filer la pensée, il faut aussi savoir capter les mouvements d'une humanité agitée, éclatée. Rien de telle qu'une immersion permanente dans un
bouillon de cultures. Culture économique, culture sociale, culture politique, culture artistique, culture marchande... : le regard doit être partout pour attraper d'un coup d'oeil le fugace,
l'indicible.