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Au pays-roi des 35 heures et des congés payés à rallonge, le MAP, le Monde à Paris (prétentieuse dénomination pour parler du salon du tourisme) qui s’est tenu la semaine dernière a mis en lumière les perspectives touristiques de demain. On l’aura compris, la valeur travail n’est pas ce qui préoccupe les Français qui ne pensent qu’à fuir leur réalité en attendant la retraite à 60 ans.
Au programme, les séjours courts, les vacances éclairs à saute-mouton entre deux week-ends, avec des destinations européennes de plus en plus prisés grâce aux compagnies aériennes low-cost. Le prix est l’obsession numéro 1 : le néo-touriste à un comparateur dans la tête pour gratter des cents et multiplier ainsi les possibilités de partir, les périodes d’oisiveté payée étant de plus en plus morcelées. La grande transhumance estivale n’est pas terminée, loin s’en faut, mais elle est n’est plus le point de mire, désormais, on veut partir souvent et tout le temps.
À cela s’ajoute la recherche de prestations tout compris, les citadins agités rejettent les surprises et préfèrent les voyages hyper cadrés et ultra sécurisés. Le terrorisme de tout poil est passé par là, l’esprit d’aventure n’est plus de mise, fini les destinations découvertes des aventuriers en tongs et sac à dos, à l’exception notable des altermondialistes égarés dans leur cause perdue qui ne quittent jamais leur tente Décathlon.
Le routard des temps nouveaux ne se départit plus de son mobile, GPS et autres prises USB pour rester branché. L’e-touriste ne s’évade plus, il vérifie les distances et la topographie pour ne pas perdre son temps, ni le Nord. Une façon de marquer son sens de l’autonomie et son goût —relatif— de l’expérience, du vécu, le nez collé à l’écran.
Crise et ramdam écolo obligent, la proximité devient un argument commercial pour séduire les bobos en phase de détox et de dépollution. Le train devrait largement en profiter au détriment de l’avion qui, même moins cher, n’est pas très « développement durable ». Les séjours à la ferme devrait être un must avec des maisons de familles qui rassemblent des tribus intergénérationnelles qui réunissent parents, grands-parents, enfants parmi les poules et les cochons.
Reste que le bord de mer demeure la destination idéale, mais pour trouver des plages calmes et isolées, il faut y mettre le prix pour fuir les hôtels-HLM les pieds dans l’eau croupie. La ségrégation se tend : le concept de classe n’a jamais été aussi vrai, avec les premières toujours plus élitistes et les secondes toujours très populeuses. Rien de nouveau sous le soleil... 

Tag(s) : #Idées

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