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La France se désole de son tissu industriel mité que les politiciens en campagne tentent de ravauder à coups de promesses et en l’absence de toute vision d’avenir, sinon celle du court terme électoral. Et pour cela, chacun y va de son saupoudrage financier qui ne résout rien, mais rehausse allègrement le mur de dettes que les contribuables —riches (et surtout moins riches)— devront un jour abattre, faute de quoi nous allons droit… dans le mur !

La semaine dernière, les pouvoirs publics ont à nouveau mis la main dans la poche des contribuables pour sauver les accordéons Maugein. Sise à Tulle en Corrèze, la fabrique éponyme fondée en 1919, est dirigée par monsieur Lachaize, qui, à 71 ans, rêve de s’asseoir un peu pour profiter d’une retraite bien méritée. Or, monsieur Lachaize ne trouve personne pour prendre sa succession. L’accordéon n’est pas à proprement parlé un produit de grande consommation et la société Maugein, qui réalise à peine 1,2 million d’euros de CA, est violemment concurrencée par des entreprises italiennes plus agressives sur le plan commercial, ou chinoises qui vendent des articles de qualité équivalente cinq fois moins chers. Les 21 salariés qui veulent éviter une disparition totale ou une délocalisation qui les perdrait ont donc sollicité les collectivités locales pour financer leur improbable futur.

On peut admettre qu’il faille sauver le dernier fabricant d’accordéons français, mais on doit s’interroger sur cette stratégie du Mohican, du dernier des Mohicans, dont se gargarisent les élus, valorisant des savoir-faire qui ne sont pas stratégiques, mais plus encore qui ne sont en aucun cas des investissements d’avenir. Va-t-on sauver coûte que coûte les centaines de petites entreprises dont les dirigeants partent en retraites et qui ne trouvent pas de successeurs, faute d’être suffisamment attractives ?

Le recul des parts de marché des entreprises françaises dans le monde est le fait d’un manque d’intérêt pour des produits made in France, peu innovants, mal adaptés aux désirs des consommateurs d’aujourd’hui et plus encore de ceux de demain. Ces entreprises françaises qui disparaissent ou vont disparaître n’intéressent pas les investisseurs parce que leurs produits n’intéressent pas les clients, les consommateurs du monde.

La stratégie du Mohican n’est pas celle qui va créer un sursaut économique et les emplois de demain, elle conduit tout droit à une muséification mortifère. Je doute de la valeur ajoutée d’un gardien de musée dans une économie mondialisée… 

Tag(s) : #Tendances

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