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Avec des charges salariales qui grimpent, une productivité qui faiblit et globalement des coûts sociaux et fiscaux inflationnistes, un déficit du commerce extérieur qui tombe dans des abysses affolants, un chômage stable mais dans la hausse, la France explore la même voie économique et industrielle déclinante.

Les politiques cherchent la potion magique pour réindustrialiser le désert hexagonal, rêve d’une relocalisation massive. Qui n’arrivera pas. Du moins pas dans les proportions attendues. Et ce ne sont pas les arguments des contaminés à la « démondialisation » que vont changer les choses. La globalisation n’est pas une tare mais une aubaine pour les économies, toutes les économies, nos voisins allemands qui exportent de la valeur hautement ajoutée en sont la confirmation à imiter.

Tout n’est pas catastrophique. En Europe et bien sûr en France, nous avons un secteur du luxe envié, puissant, exportateur avec des capitaines d’industrie investis dans une globalisation durable. Ils ont conscience que leurs produits ne sont pas simplement une marque, un marketing et une communication, mais aussi et surtout, des mains, des savoir-faire, des artisanats. Ils ont compris la nécessité de défendre un « luxocal », un « luxe local » avec des manufactures implantées dans des terroirs d’origine contrôlée. A l’image de la haute horlogerie suisse qui domine le monde depuis le petit territoire jurassien. A l’image de Louis Vuitton qui a inauguré récemment son douzième atelier dans une province française et prévoit déjà la construction d’un treizième « pour anticiper la croissance », selon Yves Carcelle, patron de la marque qui s’exprimait dans Les Echos le 27 juin dernier.

Le « luxocal » répond à des attentes de clients des pays matures de plus en plus sensibles au « patriot purchaising », une éco-considération qui amarre l’écologie à la responsabilité sociale en favorisant le nationalisme industriel et en réduisant l’empreinte carbone par des transports limités. Pour les clients des pays émergents (qui sont de moins en moins émergents faut-il le rappeler), le « luxocal » se place aussi sur le registre du terroir d’origine contrôlé : une marque de luxe française devrait être produite en France. Si possible.

LVMH-Le-captologue.jpgAlors, pour enfoncer ce clou artisanal qui perce, le groupe LVMH va initier les « Journées Particulières » les 15 et 16 octobre 2011 en ouvrant au public un certain nombre de ses Maisons en Europe, une façon de rappeler son attachement patrimonial et régional. Mais ce qui marche pour le luxe peut difficilement fonctionner avec la grande majorité de biens de consommation qu’on ne pourra plus fabriquer en France, faute de compétences, faute d’investissements, faute d’une politique industrielle qui « anticipe la croissance ». Les politiciens rivés aux courbes des sondages, ne sont guère enclins à aller au-delà de l’horizon électoral. A l’exception récente du Président Sarkozy qui, avec le Grand Emprunt, a ouvert la voie à des investissements d’avenir. Il faut y croire.

 

Photo : © LVMH 

Tag(s) : #Idées

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