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Dans les conversations de comptoir, le pilier de bar doucement imbibé lâche ses brèves, des vérités relayées par une opinion publique qui ne manque jamais de faire rouler la rumeur sans jamais l’arrêter ou rarement en lisant Le Parisien, quotidien des bistroquets.

Ainsi en est-il de la fadeur des tomates à la chair farineuse et au goût inepte qui encombrent les étals et finissent tranchées dans nos assiettes à toutes les saisons. Une réalité incontestable adoucie par le succès des tomates cerises plus goûteuses, des tomates en branches plus parfumées ou le retour des tomates anciennes comme la Cœur-de-Bœuf, la Noire de Crimée ou la Rose de Berne pour ne citer que quelques unes parmi la centaine de variétés existantes. Problème avec ces tomates : leur rareté et leur coût au kilo pour une ménagère au pouvoir d’achat en capilotade.

Le-captologue-graines-tomate-ancienne-coeur-de-boeuf-open-p.jpgUne situation qui pousse les semenciers à forcer sur la R&D et à puiser dans la génétique pour enfanter de nouvelles variétés adaptées à l’envie, à l’usage, au goût et aux sous des consommateurs. Récemment, le grainetier HM Clause (filiale de Vilmorin) a dévoilé une nouvelle gamme de graines de tomates créées grâce au séquençage du génome du fruit et au marquage biomoléculaire, une manipulation génétique où semenciers et biologistes travaillent main dans la main avec le marketing. En effet, il s’agit d’améliorer l’existant et de proposer aux consommateurs les tomates qu’ils attendent en associant la texture (charnue, fondante ou craquante…), la saveur (sucrée, douce, acidulée ou acide…) à l’esthétique (couleurs profondes, formes invitantes…)

Cette nouvelle famille de tomates Gusto (c’est leur nom) convaincra-t-elle des consommateurs souvent mal informés sur les enjeux de la génétique alimentaire (voir les débats hystériques sur les OGM) ? Des consommateurs il est vrai chahutés par des crises alimentaires à répétition dont la dernière en date —l’affaire du bœuf-cheval— a de quoi donner la chaire de poule… En attendant, lorsque les Gusto débarqueront sur les étals de nos primeurs, on ne pourra plus dire que les tomates n’ont pas de goût.

 

Images : D.R. 

Tag(s) : #Tendances

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