Mercredi 8 février 2012 3 08 /02 /Fév /2012 07:47

« Le commerce ennuyeux va mourir » a déclaré Guillaume Poitrinal, président du directoire d’Unibail-Radamco qui constate que le modèle de centres commerciaux datant des années 70 qui s’articulait autour d’un hypermarché, locomotive de la société de consommation d’alors, est dépassé (in Les Echos 2 février 2012).

IMPACT : Dans un article très récent, j’évoquais les difficultés de Carrefour, numéro 2 mondial de la distribution, à rebondir et à se réinventer ; des difficultés qui laissent à penser que les zones commerciales en périphéries des villes et les centres commerciaux attaqués par le e-commerce doivent rapidement se renouveler par une expérience shopping plus qualitative, mais ils doivent aussi monter en gamme en intégrant des enseignes plus attractives et plus diversifiées. « L’hypermarché ne domine plus les centres comme avant. Nous avons besoin toujours de magasins qui proposent des prix bas, mais la tendance est à la présence d’hypers plus petits et concentrés sur l’alimentation » souligne Guillaume Poitrinal, qui préconise un nouvel équilibre entre des enseignes premiers prix et des magasins haut de gamme dans un environnement « spectacularisé » et agréable. Loin, très loin des sinistres hypermarchés-entrepôts éclairées au néon construits sur le concept du  « tout sous le même toit » condamnées à changer sous peine de disparaître. L'hyper hyper est mort, vive le super super... 

Par Le captologue
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Mardi 7 février 2012 2 07 /02 /Fév /2012 07:45

Dans la course mondialisée à la reconnaissance urbaine, les mégapoles se grattent les méninges pour bétonner au plus photogénique. Les starchitectes sont conviés à la table des édiles pour mettre en scène leur égo aussi surdimensionné que les tours qu’ils fantasment sous toutes les latitudes.

 Plusieurs d’entre elles interpellent le quidam qui lève les yeux au ciel en se demandant jusqu’où tout ça peut aller. Mais plus encore, ces tours suscitent parfois l’ironie ou la colère. La première est la tour ArcelorMittal Orbit imaginée par Anish Kapoor sur le site des JO à Londres. Avec cet édifice qui ressemble à un intestin d’acier, nos amis anglais veulent fournir la réponse de Londres à Paris et à sa Tour Eiffel, une nouvelle bataille picrocholine entre les deux rives de la Manche s’engage : les Anglais cherchent toujours à se différencier du Vieux Continent en poignardant les Français de stylets politico-culturels toujours affutés. Reste qu’il va être difficile de comparer les viscères d’Anish Kapoor de 115 mètres avec l’allure racée d’Eiffel et ses 324 mètres.

Tours Le Captologue

 Si un registre différent, le projet de tours jumelles baptisées « The Cloud » à Séoul en Corée du Sud imaginées par l’agence néerlandaise MVRDV fait débat et révolte les Américains. Ce duo de gratte-ciels est en effet relié par un « nuage de pixels » en béton, une excroissance qui n’est pas sans rappeler le nuage de fumée des deux tours du World Trade Center à New York lors des attentats du 11 septembre. Les architectes se sont excusés pour cet acte involontaire, mais peut-être inconscient tant les images de ces tours attaquées par des avions de ligne ont marqué les esprits. Créativité ou mauvais goût ? A chacun d’y voir ce qu’il veut y voir…  

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 En attentant, les amateurs de nez en l’air s’esbaudiront devant l’élévation attendue de la Kingdom Tower à Djeddah en Arabie Saoudite qui devrait mesurer plus d’un kilomètre de hauteur, on parle même de 1.600 mètres ! Un projet démentiel du prince saoudien Alwaleed bin Talal qui entend concurrencer la tour Burj Khalifa de son voisin dubaïote qui n’est haute « que » de 828 mètres. Chez les rois des pétrodollars, le pouvoir est en effet une érection de béton et d’acier…

 

 

Photos : © D.R.

 

Par Le captologue - Publié dans : Tendances
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Vendredi 3 février 2012 5 03 /02 /Fév /2012 07:59

Le conseil d’administration du numéro 2 mondial de la grande distribution (derrière l’américain Wal-Mart) a donc validé le remplacement de l’actuel PDG Lars Olofsson par Georges Plassat. Arrivé en janvier 2009, le grand suédois n’a pas réussi à dynamiser ce géant de 91,50 Mrds d’euros de chiffre d’affaires, 9.771 magasins et 470.000 employés dans 33 pays, un géant qui rapetisse : l’action en bourse a été divisée par deux depuis son règne.

Lars Olofsson n’a pas convaincu, mais plus encore il a aligné des fautes d’appréciation d’un secteur en pleine mutation. Faute de clairvoyance et de lecture de l’air du temps, il n’a pas anticipé plusieurs tendances connexes.

Obsédé par un réenchantement de l’hypermarché, Lars Olofsson a lancé le concept de Carrefour Planet, un vague mall dans lequel les rayons deviennent des univers pensés comme des boutiques. Erreur, un hypermarché reste et demeure un hangar éclairé au néon qui déploie des linéaires en enfilades à des clients pousse-caddies. Un hypermarché n’est pas glamour, il ne le sera jamais. C’est pour cette raison que des clients de plus en plus nombreux passent par internet pour faire leurs courses et utilisent les drive in pour récupérer leurs achats, un système que Lars Olofsson a négligé, pendant que ses concurrents prenaient de l’avance dans ce domaine.

L’hypermarché est aussi concurrencé par la renaissance du commerce de proximité, la floraison de supermarchés et de superettes dans les centres villes témoigne à quel point les consommateurs sont las des corvées du shopping contraint dans des banlieues embouteillées quand ils rêvent du shopping plaisir dans des rues praticables. L’hypermarché n’est pas mort mais il doit se redimensionner.

Enfin, Lars Olofsson a misé sur le textile, l’électroménager ou les livres pour stimuler ses « Carrefour Planet », des secteurs fortement concurrencé par internet (encore et encore) pour les deux seconds, pendant que le premier est tenu par des acteurs puissants comme H&M, Zara, Uniqlo ou demain par l’américain Forever 21 qui vient d’ouvrir en France son premier magasin et dont les ambitions sont grandes dans la fast fashion. La grande distribution ne sait pas vendre de la mode, elle n’a jamais su. Un changement qui souligne que le concept de l’hypermarché « tout sous le même toit » est condamné, la survie de ce type de commerce c’est le prix, uniquement le prix en priorité sur l’alimentaire, les produits ménagers et quelques autres rayons, Leclerc l’a bien compris qui a taillé des croupières à son devancier Carrefour en se vantant d’être le meilleur dans la bataille des étiquettes.

La tâche est lourde pour Georges Plassat. Homme du sérail, fin stratège de la distribution, à la tête du groupe Vivarte, il saura remettre la baleine Carrefour échouée sur les rives de la disgrâce, vers le grand large. Il faut faire vite. 

Par Le captologue - Publié dans : Idées
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Mercredi 1 février 2012 3 01 /02 /Fév /2012 07:26

weight-watchers_ancien.jpg Le spécialiste des régimes planétaires Weight Watchers d’origine américaine, une belle affaire qui rencontre un vrai succès depuis 1963, a lancé une offensive publicitaire pour recruter de nouvelles clientes (et quelques rares clients…). Derrière une invitation contradictoire pour une entreprise dédiée aux programmes alimentaires destinés à perdre du poids  —Stop les régimes— et une nouvelle incantation —Réapprenez à manger—, Weight Watchers déballe des bouches cosmétiquées mâchant des aliments « interdits » par les amincisseurs patentés.

FAUCHON-cdd11711-3473-4395-bc4e-e5b120baa259-augure.jpg Le choix graphique de cette campagne a eu l’heur d’agacer Fauchon qui utilise la « bouche » comme icône à son glamour renaissant. Comme en témoigne la dernière image présentée au moment des fêtes de Noël où des lèvres à la sensualité luxurieuse se maquillent au caviar…

L’utilisation de lèvres glossy dans l’univers publicitaire est un cliché vieux comme le cinéma hollywoodien inventeur du star system, elles évoquent la sensualité gourmande, l’attraction sexuelle largement en usage dans les métiers de bouches les bien nommés, secteur phallocrate comme l’est tout autant celui de la publicité. Nombre de campagnes tombent en effet dans le cliché pour nous faire de l’œil…

Car les lèvres cosmétiquées des femmes suggérant une envie extatique de mordre dans un produit, une marque, un service, sont une facilité créative facilement décodable par les individus lambda, par vous et moi. Dans le même temps, elles sont le lieu de l’instinct en psychanalyse, une zone érogène (non génitale) dont le stade libidinal démarre chez les bébés qui tètent le sein de leur maman, une succion destiner autant à nourrir qu’à apporter du plaisir, une excitation qui réveille les sens, invite à faire les premiers pas dans la sexualité.

la-foire-de-paris-pub-sexiste_96.jpgFinalement, cette sorte de transport publicitaire exprimée par ses déballages de bouches glamour et fortement ripolinées n’est qu’une façon érotique de nous conditionner et nous rappeler que, dans la société de consommation, le shopping est notre orgasme quotidien.

 

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Photos : © Weight Watchers, Fauchon, Foire de Paris, Ice Tea

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Lundi 30 janvier 2012 1 30 /01 /Jan /2012 07:58

Dans la Star Ac’ présidentielle qui occupe les esprits en France, le nombre de candidats amateurs est légion, des novices qui pataugent dans le populisme ambiant et tentent d’exister au regard d’une opinion publique qui ne sait pas encore trop à quel (mal)sain(t) se vouer.

En matière d’amateurisme, le parti écologiste tient le haut de l’affiche ayant fait le mauvais choix avec Eva Joly qui l’entraine dans les bas fonds des sondages. Forts (faibles devrait-on dire) d’un score qui plafonne entre 3 et 5% des intentions de vote, les Verts virent au pâle.

Deux raisons à cet échec annoncé.

La première, un programme ramasse-miettes qui court après tous les candidats sans prendre parti : du PS au Centre en passant par les extrêmes, les Verts sans envergure cherchent des alliés pour élargir leur base minuscule d’électeurs. En vain. Les Verts se sont isolés dans le flou de leur candidate aux lunettes rouges dont l’inconstance des convictions sied mal à la robe présidentielle.

la seconde, l'écologie n’a rien à faire dans le marigot de la politique, l’écologie ne devrait pas être mis entre les mains d’idéologues fanatiques et réactionnaires, mais de philosophes prosélytes d’un mode de vie différent, d’une société qui peut être potentiellement réinventée. Or, les écolos tiennent des discours catastrophistes, pessimistes, ils prônent une société décroissante, régressive où l’économie est le diable. Pour les écolos, il faut radicalement changer le monde en sacrifiant nos façons de vivre sur l’autel d’une nature certes fragile, mais qui doit être au service de l’homme et pas l’inverse. L’écologie ne devrait pas précéder l’humanité, ni l’écraser, elle doit la guider vers un mieux-être positif et constructif pour l’avenir. Avec Eva Joly et ses acolytes, nous sommes loin du compte, ce n’est pas le futur qu’ils proposent, mais un passé ranci…    

Par Le captologue - Publié dans : People
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JumellesPour écrire les nouvelles histoires du monde, il faut aller à l'intuition, laisser filer la pensée, il faut aussi savoir capter les mouvements d'une humanité agitée, éclatée. Rien de telle qu'une immersion permanente dans un bouillon de cultures. Culture économique, culture sociale, culture politique, culture artistique, culture marchande... : le regard doit être partout pour attraper d'un coup d'oeil le fugace, l'indicible.
Le captologue est un voyeur du moment présent qui ne ferme les yeux que pour imaginer de quoi demain sera fait.
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