Vendredi 13 novembre 2009
5
13
/11
/Nov
/2009
05:50
Partout dans le monde, les Etats luttent
contre la tabagie. Notamment dans les pays occidentaux qui se transforment en zone non fumeur, obligeant les producteurs de cigarettes, encadrés par des règlements draconiens et surchargés de
taxes, à investir dans les pays émergents pour maintenir leurs chiffres d'affaires. Là encore, cette situation ne durera qu'un temps, à moyen terme, la planète entière sera "non fumeur".
Croit-on...
S'ils ne veulent pas finir dans le cimetière des éléphants (air connu), les géants du tabac ont tout intérêt à préparer activement leur reconversion. Certains amorcent déjà le virage en proposant
des produits de substitution (tabac à priser ou à chiquer, poudre de tabac à sniffer) qui ont l'avantage de ne pas dégager de fumée et donc de se consommer "discrètement" même dans les zones non
fumeurs...
D'autres cigarettiers sont plus pervers, à l'image de l'américain Reynolds qui est en passe de racheter la société suédoise Niconovum, spécialisée dans les thérapies antitabac... Après avoir
intoxiqué des millions de clients, le géant américain entend donc les désintoxiquer. Pas très éthiquement correct, mais plutôt habile sur le plan stratégique : il faudra bien sevrer les hordes
d'accrocs à la nicotine.
C'est ce qu'on appelle une reconversion boomerang que connaissent aussi les pétroliers. Après avoir tué la voiture électrique qui existe depuis la fin du XIXe siècle, ils investissent dans le
solaire et l'éolien pour produire de l'électricité qui demain va replacer en partie l'essence. Doux cynisme...
(Photo : DR.)
Par Dominique Cuvillier
-
Publié dans : Tendances
0
Jeudi 12 novembre 2009
4
12
/11
/Nov
/2009
06:27
La Sacem (Société des auteurs, compositeurs et éditeurs de musique), l'Adami (la société qui gère l'Administration des droits des artistes et musiciens interprètes)
et l'UPFI (Union des producteurs phonographiques français indépendants) mènent un lobbying auprès du ministère de la culture pour demander la création d'une taxe sur les fournisseurs d'accès à
Internet, les FAI.
L'industrie musicale, mise à mal par les téléchargements illégaux, ne parvient pas à se réinventer pour compenser l'effondrement des ventes de CD.
La dématérialisation de la musique (mais c'est aussi vrai de la presse aujourd'hui et demain de l'édition) impose de repenser des business models bâtis sur des rentes de situation. La création d'un
nouvel impôt témoigne de l'impuissance de professionnels, incapables de trouver des solutions responsables, autres qu'aller mendier des subsides à l'Etat et aux contribuables.
Mais chacun le sait, en France, tout fini par des chansons et par des impôts...
Par Dominique Cuvillier
-
Publié dans : Idées
0
Mardi 10 novembre 2009
2
10
/11
/Nov
/2009
19:36
Une étude Ipsos Profiling confirme le développement de l'Internet mobile qui "s'impose comme un media en pleine croissance". Selon cette étude, 46% des internautes
sont équipés d'un smartphone ou d'un téléphone permettant d'accéder au Web, un taux d'équipement en croissance forte et qui tire les ventes de terminaux, pendant que les ventes des téléphones
"traditionnels" reculent. Les ventes de clé 3G accélèrent aussi l'accès à cette mobilité : 1 internaute sur 10 en est équipé. Sans oublier le WiFi, "32% des internautes se sont connectés 'sans fil'
au cours des 30 derniers jours."
Les webomilautes consultent l'Internet mobile pour les réseaux sociaux et donc pour créer du lien, entretenir des relations avec leur communauté (63% en moyenne et jusqu'à 75% pour les 15/24 ans),
pour les chaînes de télévision (41%) notamment grâce au succès de la catch up TV, pour la vidéo en ligne (35%)...
Les webomilautes, nouvelle race de communicant, devraient recruter de nouveaux adeptes, surtout si les réseaux haut débit sans fil se développent et alimentent leur ubiquité à se connecter partout.
Et à condition que les antennes relais puissent s'épanouir suffisamment, ce qui n'est pas gagné compte-tenu des résistances mal fondées de certains lobbies...
Par Dominique Cuvillier
-
Publié dans : Idées
0
Lundi 9 novembre 2009
1
09
/11
/Nov
/2009
18:42
Lors du lancement de la nouvelle version de sa console portable PSP, Sony a jeté un froid chez les revendeurs vidéos en dématérialisant les jeux désormais disponibles
sur la Playstation Network, le site de vente en ligne du géant japonais. Les vendeurs physiques ont menacé de boycotter la distribution des consoles (certains l'ont fait aux Pays-Bas par exemple) :
c'est en effet avec les jeux vidéos qu'ils assurent leurs marges...
Des éditeurs de jeux sur
PC vendent déjà par le canal Web et les joueurs semblent y trouver leur compte.
Comme dans le domaine du cinéma, de la musique, la dématérialisation des jeux vidéos est inévitable et ne peut que s’accroître : elle est
inscrite dans l’histoire de la high tech et elle est « développement durable », moins de supports physiques égale moins d’empreinte négative pour l’environnement.
Face à la réduction du monde physique, le cimetière des éléphants n’a pas fini de se remplir…
Par Dominique Cuvillier
-
Publié dans : Objets
0
Samedi 7 novembre 2009
6
07
/11
/Nov
/2009
07:47
L'univers de la grande distribution est rarement apprécié par les gens qui voient dans ce canal de distribution, la consommation de masse dans ce qu'elle a de plus
triviale. Pour les distributeurs, le discours de marque est trop souvent réduit au prix, suggérant par là que nous ne sommes que des porte-monnaie sur pattes, de simples homo
pousse-caddicus...
Le groupe Casino link, qui rassemble une petite dizaine d'enseignes agrégées (Géant Casino, Casino Supermarchés, Franprix, Leader Price, Monoprix, Petit
Casino, Spar, Vival, Cdiscount), tente une autre approche en communiquant sur ce qui caractérise notre statut de consommateur : l'autonomie et la personnalité. Un petit personnage sympathique (qui
a un cousinage sans doute volontaire avec Monsieur Patate) appelé Monsieur Quelqu'un, rappelle que nous ne voulons plus être traités comme Monsieur Tout Le Monde, que nous réclamons des égards et
des prérogatives qui dépassent la quête d'étiquettes de prix tirés à la baisse.
Plus intéressant, la body copy de cette annonce fait glisser le concept de proximité très en vogue dans le commerce aujourd'hui, pour aller vers un commerce de précision, terme qui sous-tend le
positionnement du groupe : la personnalisation versus la massification ; un positionnement réaffirmé par la base-line : "Nourrir un monde de diversité". Une base-line qui pourrait tout-à-fait êtes
signée par une ONG, un parti politique, un cercle social...
Monsieur Quelqu'un incarne ce que nous sommes avec notre individualisme fort, notre caractérisation quelquefois bruyante et souvent contradictoire, notre volonté farouche d'exister. Mais cette
indépendance ne doit pas oublier notre dépendance avec les autres, car cette individuation appréciable à bien des égards, renforce un fait toujours inacceptable : le nombre d'autres exclus, le
nombre d'autres pour qui l'indépendance économique est encore et pour longtemps une vue de l'esprit.
(Images groupe Casino)
Par Dominique Cuvillier
-
Publié dans : People
0