Lundi 19 octobre 2009
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Alors que nous cherchons a réinventer notre mode de vie et nos modes de consommation à l'aune du développement soutenable, les constructeurs automobiles mis à mal par
la crise tentent des voies médianes.
L'hybridation semble être la stratégie recherchée pour assurer un passage réaliste entre le monde d'hier et le monde de
demain. Les moteurs à la fois thermique et électrique en sont le meilleur exemple pour préparer l'après-pétrole et en attendant de vraies alternatives énergétiques.
C'est aussi vrai des modèles proposés par quelques constructeurs qui annoncent de nouvelles silhouettes "batardes" pour répondre aux nouvelles donnes écono-écolos sans frustrer les amateurs de
voitures.
Dans la lignée du crossover, variante berline du SUV, BMW lance une nouvelle catégorie baptisée "sport activity vehicule" (SAV) qui a des allures de 4x4, la nervosité d'une sportive, sans en avoir
l'agressivité d'un tout-terrain ni son volume d'occupation au sol. A voir si cette consanguinité convainc les automobilistes.
Par Dominique Cuvillier
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Dimanche 18 octobre 2009
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Paris est connu pour ses friponneries grâce à
une brochette de cabarets dont les spectacles érotiques un rien surannés ravissent les mirettes des visiteurs du monde entier. Parmi eux, le Crazy Horse link fait un peu figure d'exception. C'est en effet un cabaret de poche dont la scène minuscule crée une intimité enjôleuse pour une palanquée modeste de
spectateurs ramassés dans une salle rougeoyante et chaleureuse. Ce qui est des plus agréable pour qui s'y attable sans avoir l'impression de se retrouver avec des tombereaux de touristes en car
abonnés au forfait tout compris.
Très basiquement appelé "Désirs", le nouveau spectacle du Crazy mis en jambes par Philippe Decouflé mérite un détour. Ce saltimbanque du cirque, chorégraphe de la démesure, se retrouve ici dans un
espace serré (6 m de long, 3 de profondeur et 2 de haut), avec onze danseuses (beautés stylisées au corps insolent de perfection) et c'est tout. Autour, il dessine des effets lumineux, des
entrechats d'ombre et de lumière, des mises en abîme, des jeux de miroirs, des saynètes drolatiques, des projections mouvementées... qui occupent l'espace sans saturer le regard.
Avec ses compositions inventives, Decouflé réussi l'effeuillage gentiment érotique de ce style de spectacle (nous ne sommes pas dans le torride) en apportant une touche pétillante et disons même
une "french touch" attendue mais sans caricature.
(iPhotos : D. Cuvillier)
Par Dominique Cuvillier
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Samedi 17 octobre 2009
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Depuis le 15 octobre, une oeuvre de Pierre Soulages peinte en 2000 est exposé au Louvre aux côtés d'une toile de Paolo Uccello, "La Bataille de San Romano" réalisée
entre 1435 et 1440.
L'oeuvre au noir de Soulages striée de griffes blanches horizontales fait écho à la peinture de Uccello foisonnante de couleurs (sur fond de nuit noir) et dont les chevaliers à cheval brandissent
des lances verticales. Cela ne crée pas un choc visuel mais une résonance stimulante pour l'oeil et pour l'esprit.
La pénétration de l'art contemporain dans un Musée comme le Louvre n'est pas une première mais elle inspire une réflexion sur la place des conservatoires de patrimoine. Sans être forcément figés,
ils cataloguent l'histoire artistique de l'humanité pour l'éternité dans un devoir de mémoire nécessaire ; les oeuvres présentées sont perçues comme immuables, distantes de la vie, rangées
scientifiquement sur des cimaises, exposées comme des marqueurs du passé. Quand les artistes contemporains et vivants s'infiltrent dans de telles institutions, ils insufflent une vitalité
quelquefois dérangeante mais qui force à nous interroger.
Lorsque Jean-Jacques Aillagon, qui préside aux destinées du Château de Versailles, a fait entrer Jeff Koons dans la vénérable demeure, la polémique n'a pas manqué. Et les grincheux sont légion dans
un pays aussi conservateur que le nôtre qui n'a jamais fait le deuil de sa puissance passée. La France est le pays le plus visité au monde grâce à son riche patrimoine, la beauté de ses paysages,
l'attendu de ses clichés, mais il n'incarne pas la modernité.
Les artistes français contemporains, à quelques exceptions près, existent peu hors des frontières hexagonales. La France ne raconte rien de neuf au monde mis à part son art de vivre, sa mode, ses
vins et ses fromages... J'exagère à peine. La confrontation du passé et du présent devrait forcer le regard à sauter l'horizon, à penser le futur avec enthousiasme et non dans une frilosité
déprimante, avec une arrogance usée.
Par Dominique Cuvillier
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Vendredi 16 octobre 2009
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Ce matin, sur Euronews, une nouvelle saisissante : un petit garçon américain caché dans son garage est retrouvé par ses parents !
L'histoire : la famille qui assistait au lancement d'un ballon dirigeable expérimental a cru que le gamin s'était introduit dans la nacelle alors que l'engin volant s'était accidentellement
décroché. Après deux heures de vol sous les objectifs de CNN et de MSNBC, le ballon atterri, vide !
En fait, le mioche qui s'ennuyait ferme s'était simplement caché dans le garage de sa maison.
Comment cette "affaire" qui se passe dans un bled du Colorado peut se retrouver en Une d'Euronews ? Plus d'une minute d'antenne consacrée à une non-information !? (Près de 6 minutes sur CNN avec la
famille soulagée, les pleurs de la mère et tutti quanti). Euronews n'est pas à proprement parlé une chaîne palpitante, elle a simplement le mérite de couvrir la vie des Européens. Mais on
s'interroge sur le travail des journalistes aujourd'hui qui débitent comme des moutons bêlants des sujets ineptes qui ne cherchent qu'à émouvoir.
La presse n'informe plus, elle met en scène l'histoire avec une minuscule. Une grande défaite de l'intelligence.
Par Dominique Cuvillier
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Jeudi 15 octobre 2009
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Une étude menée par Olivier Donnat révèle "Les pratiques culturelles des Français à l'ère numérique" et souligne un fait avéré : la multiplication des écrans avec
lesquels nous vivons (TV, ordinateur, console de jeux, téléphone mobile) ne conduit pas à un "repli sur l'espace domestique", mais à une ouverture sur l'extérieur, à une relative consommation de
produits culturels hors chez soi.
On se cultive dedans, on se cultive dehors.
Les jeunes générations (la "screen generation") qui passent une moyenne de deux à quatre heures par jour sur Internet continuent à sortir beaucoup ; au-delà de cinq heures, précise l'étude, elles
sortent moins, le temps n'est pas élastique, même si les moments passés à manger et à dormir se réduisent comme peau de chagrin : 20 minutes à "table", 5 heures au lit en moyenne par
jour.
Cette consommation via des écrans fait néanmoins des victimes : la radio, la lecture des livres et des journaux, et la fréquentation des bibliothèques. Pour autant, le papier n'est pas amené à
disparaître, il doit très vite se convertir au numérique pour accrocher les générations nées avec la dématérialisation. Les technologies portables annoncent des écrans qui se plient, se
roulent, se déploient, une chance pour les éditeurs. Pour les radios, doivent-elles se convertir en chaînes de télévision et diffuser des images parlées ?
Cette somme de 280 pages rapporte aussi une tendance au grappillage culturel : nous vivons dans l'instantanée, à la surface des choses, la culture académique est détrônée par la culture
"pluggée-bloguée". Des fulgurances, de l'émotion, du vivant.
Par Dominique Cuvillier
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