Les Américains sont un peuple toujours formidable à observer : à la pointe de la consommation, ils préfigurent les excès et les retraits de notre société.
Récemment,
dans le comté de Santa Clara en Californie, les autorités ont décidé d’interdire purement et simplement le Happy Meal de la compagnie fast-foodique McDonald’s.
En vérité, ils ont décidé de l’amputer du Happy pour ne garder que le Meal. Comprenez, les gamins devront se contenter de mâcher leur hamburger et téter leur coca, ils seront désormais privés des multiples gadgets en plastique qui accompagnent ces repas dans leur box rouge et les incitent à manger davantage sans faim.
Il ne faut pas y voir une quelconque attaque protectionniste contre ces jouets fabriqués en Chine, mais une bataille contre l’obésité qui touche un enfant sur quatre à Santa Clara, contre 1 sur 5 dans le reste dans Etats-Unis. Donc, non content de ne plus contenir de jouets, pousse-au-crime boulimique, le Happy Meal devra se limiter à 485 calories, autant dire une punition pour un petit Américain qui passe un gros tiers de sa vie à sucer et à mastiquer.
Lobbies et
détracteurs se sont élevés contre cette restriction arguant que ces jouets servaient de cadeaux de Noël aux enfants pauvres !
Et moi qui entendait mener un combat contre les œufs Kinder Surprise et leur piètre chocolat garni d’une saloperie en plastique, je vais réfréner mes élans militants : les pauvres gosses sont déjà gras et mal nourris, si en plus, je leur prive de petit Noël...
Photos : D.R.
Les marques ou les créateurs de mode sont souvent sollicités pour sortir de leur cadre vestimentaire et aborder
d’autres rivages.


Identifiable par
ses hangars bleu dur et son logo jaune agressif, Ikea, le spécialiste suédois du meuble en kit apprécié pour son design démocratique et ses prix doux, participe très largement à l’enlaidissement
des périphéries des villes en développant des zones commerciales sans âmes. Et déprimantes, encastrées entre des autoroutes embouteillées, des banlieues sordides et des ronds-points débilitants
pour la circulation, grande spécialité française.

Pour écrire les nouvelles histoires du
monde, il faut aller à l'intuition, laisser filer la pensée, il faut aussi savoir capter les mouvements d'une humanité agitée, éclatée. Rien de telle qu'une immersion permanente dans un
bouillon de cultures. Culture économique, culture sociale, culture politique, culture artistique, culture marchande... : le regard doit être partout pour attraper d'un coup d'oeil le fugace,
l'indicible.