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Et maintenant ?

Le pire n’est jamais sûr… Ce week-end la France a rappelé au monde qu’elle est un pays démocratique conscient de sa responsabilité politique, mais aussi de sa sensibilité à la promotion des valeurs humanistes universelles. La France blessée a su relever la tête et démontrer sa capacité à réagir.

Le pire n’est jamais sûr… La COP21 s’est donc achevée samedi sur un « accord historique » contre le réchauffement climatique, Laurent Fabius a assuré sa mission, les 187 pays présents pendant ce grand barnum diplomédiatique ont fini par trouver un accord, mais… à minima ! Toutes les contraintes indispensables pour limiter le température planétaire à 2°C voire à 1,5°C ont été gommées au profit d’engagements de réduction des gaz à effet de serre pris qui conduisent à un réchauffement supérieur à 3 °C d'ici à la fin du siècle… Cherchez l’erreur ! Et, « la révision à la hausse des engagements » (sic !) à l’aune de l’évolution de la situation globale devra attendre 2025 : une date trop tardive aux yeux des climatologues qui prédisent des catastrophes annoncées. Enfin, les cent milliards de dollars annuels que les pays riches s’engagent à verser aux pays pauvres se perdent dans les limbes, comment peut-il en être autrement, les pays riches sont surendettés et au bord de la paupérisation pour nombre d’entre eux…

Le pire n’est jamais sûr… Après des salamalecs médiatiques et des bramements outrés, dimanche, les électeurs n’ont pas acté la montée aux marches du pouvoir des femelles Le Pen et de leur clique. Le premier vote défouloir contre les partis traditionnels a tourné au vote repoussoir contre le parti extrémiste. La marque de fabrique Le Pen continue d’être irrémédiablement synonyme de haine raciste et de dirigisme fascisant, et malgré un polissage pour araser l’âpreté des discours moisis et nauséabonds, elle ne sera jamais une « cool brand » et ce d’autant moins que la fille a perdu un élément que le père revendiquait et lui donnait une couleur relativement « acceptable » : l’ultralibéralisme et son envie de réduire la voilure d’un Etat dispendieux. Sauf que son racisme viscéral a toujours pris le dessus sur sa vision politique.

La fille plus opportuniste et fourbe est allée jusqu’à renier son père pour endosser le tailleur présidentiable et apparaître comme une femme digne. Sauf que le naturel xénophobe revient à pas feutrés et que son programme économique est un ramassis effrayant de théories rancis, un mélange explosif de marxisme et d’hitlérisme, un accouplement monstrueux entre Mélenchon et Strache (chef du parti d’extrême droite autrichien dont Le Pen est très proche).

Le pire n’est jamais sûr… Ces « victoires » de façades ne doivent pas nous faire oublier l’essentiel : la situation globale est grave, très grave même, et qu’il ne sert à rien de se faire peur pour tenter de conjurer le sort. Le monde dans lequel nous vivons et devront vivre demain est le nôtre, à nous de forcer le destin en inspirant une classe politique assez peu capable de penser « un futur dominable » nous évitant un « futur dominant », selon la formule du prospectiviste Hugues de Jouvenel.

Photo : D.R.

Tag(s) : #Idées

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