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Génération VATU

La presse s’est faite l’écho d’une saison touristique exceptionnelle en Europe. Que ce soit en France, en Espagne, au Portugal, en Italie, en Grèce, en Angleterre et même en Allemagne, les touristes locaux et du monde entier ont été nombreux à profiter d’un continent formidablement attractif pour ses richesses culturelles. Une attirance due aussi à des paramètres conjoncturelles : la baisse de l’Euro, une météo remarquable et des pays délaissés (au Maghreb par exemple) pour causes d’insécurité politique. L’économie en profite : bars, restaurants, hôtels, transports, commerces divers… renouent avec une croissance après de molles années.

Bémol pourtant, la crise a modifié les modes de consommation, notamment l’hébergement, quand des vacanciers ne préfèrent pas le camping qui se porte comme un charme, ce sont les locations d’appartements et de maisons privés qu’ils choisissent. Au détriment de l’hôtellerie qui fait grise mine. Tous les hôtels ne sont pas logés à la même enseigne, mais ils subissent les assauts de la génération VATU (Viber-Airbnb-Tripadvisor-Uber), des gens comme vous et moi qui cherchent à vivre des expériences différentes et surtout à optimiser leur budget en utilisant les nouveaux outils de la révolution numérique.

Il n’y a pas péril en la demeure pour l’hôtellerie mondiale, pour autant une remise en question s’impose.

En juillet dernier, le groupe Marriott International (plus de 4.000 hôtels dans le monde sous 16 enseignes) a organisé le Cultural Game Changers London, son premier forum dédié à l’hôtellerie de demain, passant « au crible le tourisme expérientiel et l’état d’esprit de la nouvelle génération de voyageur, qui devrait représenter plus de 60 % des activités de Marriott ces quatre prochaines années. »

Les différents intervenants ont rappelé que « le design n’est plus un facteur clé », l’esthétique des lieux n’est en effet rien sans l’émotion, « point crucial dans le choix d’un hôtel », rien non plus sans « un réel bien-être, une atmosphère, une communauté qui lui correspond trait pour trait ». En effet, « le voyageur a envie de se retrouver dans un univers qui lui plaît, dans lequel il se sent bien, avec des personnes avec qui il peut éventuellement échanger. Cela ne repose pas que sur une décoration, il s’agit d’une approche globale que l’hôtelier doit percevoir en fonction de sa cible, du service à la musique en passant par des touches très particulières dans lesquelles les clients vont se reconnaître. »

La génération VATU hyper connectée est ouverte sur les autres, fertilisée par les échanges et par une économie de l’abondance et de la gratuité, une économie de la fonctionnalité où l’usage des produits prime sur leur possession. La génération VATU pousse « l’économie de Cendrillon », selon l’économiste Tim Jackson, une posture qui exige de la part des marques et des entreprises plus de modestie, plus d’émotion, plus de ressenti, et moins de promesses marketing d’un bonheur artificiel, exponentiel et destructeur qui dure le temps d’un bal de dupes. La génération VATU, c’est aussi la génération lucide…

Images : D.R.

Tag(s) : #Tendances

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