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Vendredi dernier, ma boîte mails a été submergée par des annonces commerciales d’enseignes et de marques m’invitant à me précipiter dans des magasins ou sur des sites de e-commerce pour me plonger dans une orgie de consommation. La déferlante « Black Friday » qui a émergé en France en 2012, devient aujourd’hui un cri de ralliement d’un commerce en mal de clients ou du moins de chiffre d’affaires.

Une telle débauche marchande en période de vaches maigres est compréhensible, elle interroge pourtant le consommateur apathique que je suis, dans un environnement économique qui confine à l’indigestion de promos, de ventes privées, de faux soldes, de rabais permanents. Une déferlante de bonifications bienfaisantes pour le portefeuille qui alimentent la déflation et par ricochet une atonie languissante. Regardez du côté de nos amis nippons enlisés depuis plus d’une décennie dans un alanguissement consommatoire que les « abenomics » de Shinzô Abe n’ont pas stimulé. On ne donne pas à boire à un âne qui n’a pas soif, selon l’adage populaire…

Le Black Friday surgit chaque année en Amérique du Nord après Thanksgiving, fête chrétienne où chacun s’empiffre de dinde farcie, de patates douces et d’actions de grâce. Le vendredi qui suit ces réjouissances, les Américains desserrent leur sphincter pécuniaire et s’abandonnent dans un bain de prix cassés comme pour conjurer le sort.

Le Black Friday bêtement importé des Etats-Unis par les distributeurs, a quelque chose d’aussi peu passionnant et attractif que le transfuge franchouillard d’Halloween qui a un air de pétard mouillé désormais. De l’autre côté de l’Atlantique, ces fêtes païennes sont liées à des traditions nationales qui puisent dans leur histoire, pas dans la nôtre. Alors pourquoi singer ces folklores qui n’évoquent rien pour notre communauté, rien dans notre mémoire collective ? Certes, l’imaginaire américain est toujours aussi puissant d’autant qu’il domine largement à travers le monde en dessinant l’universalisme de la globalisation tant économique que culturelle, mais n’est-il pas possible d’être plus créatif ? A l’exemple des viticulteurs du Rhône qui ont inventé le beaujolais nouveau (douce piquette annuelle) relayé par les marchands, par les médias et qui « enjoient » les amateurs du monde entier : une fête pinardière et commerciale qui fait sens dans un pays viticole et gastronomique. Les distributeurs devraient se gratter les méninges et trouver, parmi les multiples saints qui se bousculent dans notre calendrier, une occasion plus pertinente d’initier une nouvelle fête de la consommation. Encore que, avons-nous vraiment besoin d’un prétexte marketé pour dépenser plus ?

© D.R.

© D.R.

Tag(s) : #Tendances

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