Mercredi 1 février 2012
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Le spécialiste des régimes planétaires Weight Watchers d’origine américaine, une belle affaire qui rencontre un
vrai succès depuis 1963, a lancé une offensive publicitaire pour recruter de nouvelles clientes (et quelques rares clients…). Derrière une invitation contradictoire pour une entreprise dédiée aux
programmes alimentaires destinés à perdre du poids —Stop les régimes— et une nouvelle incantation —Réapprenez à manger—, Weight Watchers déballe des
bouches cosmétiquées mâchant des aliments « interdits » par les amincisseurs patentés.
Le choix graphique de cette campagne a eu l’heur d’agacer Fauchon qui utilise la
« bouche » comme icône à son glamour renaissant. Comme en témoigne la dernière image présentée au moment des fêtes de Noël où des lèvres à la sensualité luxurieuse se maquillent au
caviar…
L’utilisation de lèvres glossy dans l’univers publicitaire est un cliché vieux comme le cinéma hollywoodien inventeur du star system, elles
évoquent la sensualité gourmande, l’attraction sexuelle largement en usage dans les métiers de bouches les bien nommés, secteur phallocrate comme l’est tout autant celui de la publicité. Nombre
de campagnes tombent en effet dans le cliché pour nous faire de l’œil…
Car les lèvres cosmétiquées des femmes suggérant une envie extatique de mordre dans un produit, une marque, un service, sont une facilité
créative facilement décodable par les individus lambda, par vous et moi. Dans le même temps, elles sont le lieu de l’instinct en psychanalyse, une zone érogène (non génitale) dont le stade
libidinal démarre chez les bébés qui tètent le sein de leur maman, une succion destiner autant à nourrir qu’à apporter du plaisir, une excitation qui réveille les sens, invite à faire les
premiers pas dans la sexualité.
Finalement, cette sorte de transport publicitaire exprimée par ses déballages de bouches
glamour et fortement ripolinées n’est qu’une façon érotique de nous conditionner et nous rappeler que, dans la société de consommation, le shopping est notre orgasme quotidien.
Photos : © Weight Watchers, Fauchon, Foire de Paris, Ice Tea
Par Le captologue
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Lundi 30 janvier 2012
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Dans la Star Ac’ présidentielle qui occupe les esprits en France, le nombre de candidats amateurs est légion, des novices qui pataugent dans le
populisme ambiant et tentent d’exister au regard d’une opinion publique qui ne sait pas encore trop à quel (mal)sain(t) se vouer.
En matière d’amateurisme, le parti écologiste tient le haut de l’affiche ayant fait le mauvais choix avec Eva Joly qui l’entraine dans les bas
fonds des sondages. Forts (faibles devrait-on dire) d’un score qui plafonne entre 3 et 5% des intentions de vote, les Verts virent au pâle.
Deux raisons à cet échec annoncé.
La première, un programme ramasse-miettes qui court après tous les candidats sans prendre parti : du PS au Centre en passant par les
extrêmes, les Verts sans envergure cherchent des alliés pour élargir leur base minuscule d’électeurs. En vain. Les Verts se sont isolés dans le flou de leur candidate aux lunettes rouges dont
l’inconstance des convictions sied mal à la robe présidentielle.
la seconde, l'écologie n’a rien à faire dans le marigot de la politique, l’écologie ne devrait pas être mis entre les mains
d’idéologues fanatiques et réactionnaires, mais de philosophes prosélytes d’un mode de vie différent, d’une société qui peut être potentiellement réinventée. Or, les écolos tiennent des discours
catastrophistes, pessimistes, ils prônent une société décroissante, régressive où l’économie est le diable. Pour les écolos, il faut radicalement changer le monde en sacrifiant nos façons de
vivre sur l’autel d’une nature certes fragile, mais qui doit être au service de l’homme et pas l’inverse. L’écologie ne devrait pas précéder l’humanité, ni l’écraser, elle doit la guider vers un
mieux-être positif et constructif pour l’avenir. Avec Eva Joly et ses acolytes, nous sommes loin du compte, ce n’est pas le futur qu’ils proposent, mais un passé ranci…
Par Le captologue
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Jeudi 26 janvier 2012
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Dans la comédie de Jacques Besnard, « C’est pas parce qu’on a rien à dire qu’il faut fermer sa gueule » datant de 1975, le trio
Serrault, Lefebvre et Blier se frottent à Madame Rose, une dame-pipi de la Gare de l’Est ; incarnée par Tsilla Chelton, cette préposée aux besoins pressants qui vit dans la faïence et le
désodorisant, parvient à casser son ennui en détournant la naïveté des protagonistes. Et ce d’autant que Madame Rose ancrée dans son sous-sol une grande partie de son existence, n’a pas eu la
chance de profiter de la créativité des designers pour décorer ces lieux de passage où chacun fait ses petites affaires le plus rapidement possible pour fuir les pestilences et les sordides
éclairages au néon, en lançant un pièce dans une soucoupe, le mépris au bord des lèvres. L’homme est ainsi, il abandonne chaque jour une partie de lui-même sans se retourner…
Pour faire oublier ces désagréments, le fabricant de papier toilette branché Renova ou l’enseigne haut de gamme Point WC s’attachent depuis
quelques temps à créer des petits coins publiques confortables et luxueux comme une suite d’hôtel, un lieu plaisant où la notion d’aisance prend enfin tout son sens.
Dans cette même optique de transformer un endroit où l’on passe en un espace où l’on vit un moment agréable, la société Viparis, gestionnaire de
salons et de sites d’exposition, a décidé de réaliser une mise en scène (mise en image devrait-on dire) étonnante, une véritable métamorphose des toilettes du Pavillon 7 implanté dans le parc
Paris Expo Porte de Versailles. Un duo d’agences, Next One et Mon Moulin, a été mandaté pour créer un habillage « total covering » très spectaculaire qui plonge le visiteur et ses
envies dans un environnement dépaysant grâce à des adhésifs collés du sol au plafond sur des thèmes évocateurs : campagne, banquise, arty, mode et jeux vidéo.
Inutile de dire que pénétrer ici surprend, et uriner devient enfin un voyage, déféquer une traversée... Si les visiteurs
apprécient la balade, la société Viparis va poursuivre l’expérience dans les toilettes de tous ses sites dans la capitale, et ils sont nombreux.

Photos : © Viparis
Par Le captologue
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Mardi 24 janvier 2012
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Dans le Financial Times, l’éditorialiste John Lloyd observe que le référendum sur l’indépendance de l’Ecosse interroge une Europe qui sombre de
plus en plus dans le « narcissisme nationaliste ». Il suffit d’observer ce qui se passe en Hongrie dont le Premier ministre Viktor Orban, ultra conservateur, enferme son peuple dans une
structure autoritaire comme le fantasment toutes les extrêmes droites européennes qui fascinent tant les politiciens dont ils banalisent la parole.
C’est aussi vrai en France où les prétendants au poste suprême se collent de plus en plus au discours de la présidente du parti
national-nationaliste qui veut entrainer les Français dans l’isolement total. Comme en Hongrie.
Ces candidats entonnent peu ou prou le même refrain populiste d’une réindustrialisation pathétique, du rejet d’une Europe « germano
centrée », d’impôts et de taxes patriotiques « contre le monde de la finance qui a pris le contrôle de nos vies » pour reprendre les propos du candidat du Parti Socialiste qui a
présenté un programme ahurissant de ringardise.
Avec son slogan aussi plat (« le changement, c’est maintenant ») que ses idées, il ne promet rien d’autre qu’une
économie administrée, le travailler moins pour perdre plus, des retraites au rabais, un matraquage fiscal, une absence totale de réformes majeures, une exclusion mondialiste, une France rencognée
dans son hexagone de plus en plus étroit. Pas de vision futuriste, pas de perspectives d’avenir, et le rêve qu’il propose aux Français s’annonce déjà comme un cauchemar. D’autant que sans
financiers, on se demande comment le postulant socialiste va payer les dépenses de l’Etat dispendieux auquel il aspire. Face à ce vide terrifiant, une seule chose est certaine, le narcissisme
nationaliste, maladie obsessionnelle qui touche tous ces politicards, ne va pas aider la France à entrer enfin dans le nouveau millénaire…
Par Le captologue
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Lundi 23 janvier 2012
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La semaine dernière, Shandong Heavy industry, société chinoise spécialisée dans les tracteurs, les bulldozers et les moteurs Diesel (€ 7,5 Mrds de CA, € 1,1 Ms de
bénéfices) a racheté pour $ 500 Millions le producteur italien de yachts de luxe Ferretti (€ 520 Ms de CA et de lourdes dettes, env. € 685 Ms).
IMPACT LONG TERME : Les investisseurs de l'Empire du Milieu ont le souci de diversification, de placements rentables, de savoir-faire et de légitimité sur
les marchés mondiaux, ils cherchent à acheter des marques occidentales référentes dans le haut de gamme et le glamour qui leur manquent tant. Après Volvo, Robert Clergerie, Cerruti, Delvaux et
donc Ferretti, les chinois devraient poursuivre leur marché parmi les entreprises occidentales fatiguées par la crise ou simplement mal gérées, avec les limites évidentes : trouver des marques au
potentiel reconnu n'est pas aisé et il leur faudra faire face à la réaction des Européens comme le groupe PPR qui a mis récemment la main sur le tailleur italien Brioni, des groupes occidentaux
qui ont des réserves de cash et n'entendent pas se laisser distancer dans cette globalisation tapageuse.
Par Le captologue
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Publié dans : Signaux faibles
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