Mardi 29 mai 2012 2 29 /05 /Mai /2012 08:50

Aux yeux du monde entier, l’Europe est le maillon faible, enlisée dans une crise de la dette dont elle ne sort pas, hypertrophiée par un trop plein de pays qui ne peuvent fonctionner ensemble, ankylosée par des « politicrates » nationalistes et/ou conservateurs et/ou réactionnaires qui n’ont aucune vision, n’inventent rien, ne se régénèrent pas, tournent en rond.

Conséquence, différentes élections dans des pays européens ont fait émerger des tentatives d’alternatives : le populisme de gauche et de droite en France et en Grèce, le parti Cinq Etoiles en Italie, le parti Pirates en Allemagne, etc. Toutes ces oppositions ne sont évidemment pas à mettre dans le même panier (le totalitarisme fétide des Le Pen et Mélenchon n’est pas comparable avec l’activisme sympathique du comique Beppe Grillo ou du criminologue Bernd Schlömer, tous deux recyclés en politiciens), cependant, le choix des électeurs penche vers des extrêmes à cause de l’incapacité des gouvernements en place à résoudre les problèmes, à refuser de sortir de la démagogie électoraliste, à dénier l’obligation de refondre de fond en comble un système à bout des souffle (en cela le nouveau locataire de l’Elysée en est la caricature, triomphant avec ses certitudes socialistes totalement ringardes).

La nature ayant horreur du vide idéologique, des supposées alternatives tentent alors de prendre le pouvoir. J’écris « supposées » car ces partis n’ont pas plus d’idées pertinentes que leurs devanciers, sinon celle de prôner le chaos, la révolution, la guerre civile…  

Le journaliste et économiste Jean-Michel Contrepoint, auteur de nombreux ouvrages aussi passionnants que désespérants, constate que le modèle démocratique occidental a dominé pendant grosso modo 300 ans et qu’il est totalement dépassé. Il remarque que les Chinois dessine le profil des Etats dominants de demain, un profil basé sur un modèle autoritaire qui octroient quelques droits contingentés, et un régime pérenne qui n’a pas à subir les alternances démocratiques tous les 4 ou 5 ans qui nuisent à la construction à long terme. En substance, les libertés individuelles qui nous ont apporté un sentiment de bonheur sont aujourd’hui notre malheur.

On est en droit de douter de la bonne voie de la Chine, première puissance mondiale en devenir, mais il est clair que nous Européens devons nous interroger sur notre non intelligence politique si nous ne voulons pas vivre dans ce que j’appellerais des « démocratures », des dictatures démocratiques où des semblants de liberté voudraient adoucir la violence d’un régime totalitaire. Aux élus d’être imaginatifs et de se réinventer, aux citoyens d’être moins égoïstes et plus exigeants… 

Par Le captologue - Publié dans : Tendances
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Vendredi 25 mai 2012 5 25 /05 /Mai /2012 08:18

picto_180911211255.jpgDepuis un long moment déjà, il ne sa passe pas une semaine sans qu’un auteur, intellectuel ou prof, essayiste ou polémiste, ne publie un ouvrage sur l’entrée en résistance pour sauver le… livre !

Olivier Larriza, prof, chercheur et romancier y va de son couplet ennuyant avec « La querelle des livres, petit essai sur le livre à l’âge numérique » (chez Buchet Chastel), une énième complainte, un tantinet caricaturale faut-il le préciser, sur la malfaisance et la superficialité du numérique sur les esprits, alors que le papier n’est que bonheur et profondeur pour les âmes humanisées par la Culture avec un « C » majuscule.

Avec habileté rédactionnelle, Olivier Larizza caresse le lecteur digital dans le sens du poil numérique en admettant la supériorité du e-book sur le livre papier, il s’inscrit notamment dans un mouvement tendanciel majeur et mondial, le nomadisme, et un usage expérientiel indéniable et partagé, l’encombrement. Une câlinerie fourbe pour mieux vilipender le numérique qui pervertit l’œil, l’affole même, rend les petites cellules grises paresseuses, ne permet pas de stimuler la mémoire, pousse à la destruction mentale, ne crée pas d’émotions sensorielles (l’odeur, le toucher, le souvenir)… : bref, la tablette est LE monstre à chasser de nos vies numériques.

img_bento_ipad.png Avec une mauvaise foi consommée, Olivier Larizza poursuit son argumentation à charge sur la supériorité écologique —très discutable— du papier versus le numérique ; pire encore, il évoque la « probable nocivité des ondes électromagnétiques sur les cellules ». Des accusations de café du commerce indignes pour un universitaire qui heureusement n’arrêteront pas la marche du temps. La télévision a-t-elle tué le cinéma ? Nenni. Le livre numérique n’assassinera pas le livre de papier, l’un et l’autre vont cohabiter comme un couple marié pour le meilleur et pour le pire. « Le livre est une poignée de main qui scelle le partage des intelligences », écrit Olivier Larizza. Le numérique est une caresse sur un écran qui émerveille l’intelligence et facilite l’accès à la connaissance par son immédiateté, sa mobilité et son encombrement limité.

Ah, détail qui a son importance, j’ai lu ce livre en mode numérique, en effet les éditions Buchet Chastel n’ont aucune envie de perdre des gros lecteurs comme moi dont la bibliothèque bien replète tient désormais dans une tablette…  

 

 

Image : D.R.

Par Le captologue - Publié dans : Tendances
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Lundi 21 mai 2012 1 21 /05 /Mai /2012 08:23

Le nouveau locataire de l’Elysée a donc constitué son gouvernement pléthorique et parmi lui, les citoyens ont découvert un nouveau poste, celui de « Ministre du redressement productif ». On est obligé d’ironiser face un vocable aussi prétendiard que loufoque pour ce qui devrait être plus simplement le ministère de l’industrie, et ce d’autant que c’est le réactionnaire de l’anti-mondialisation, le nationaliste agité des plateaux télé Arnaud Montebourg qui s’y colle.

L’expression choisie témoigne du mépris caractéristique de ces « politicrates » au pouvoir pour le monde de l’industrie, un monde qu’ils entendent « mettre en camp de redressement » selon les règles de l’idéologie dépassée de l’économie de marché socialiste. Comme à Cuba.

Mais il atteste aussi de la vision désastreuse d’une gauche qui n’aime pas les entreprises, qui n'aime pas les entrepreneurs, une gauche qui stigmatise à l’aveugle le capitalisme, une gauche qui préfère fonctionnariser, contrôler, régenter à tout va, une gauche archaïque et sans idées neuves. Or, ce sont les entreprises qui créent de la richesse et des emplois, ce sont les entreprises qui révèlent la puissance d’une nation, son génie aussi ; l’Etat, lui crée des charges et des fonctions, des dettes et des rigidités, il est un terrible prédateur.

Dans sa posture de donneur de leçons, le nouveau locataire de l’Elysée lance un mauvais signal, il aurait été plus productif et positif pour l’avenir de créer un grand ministère des entreprises.   

Par Le captologue - Publié dans : Idées
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Mardi 15 mai 2012 2 15 /05 /Mai /2012 07:58

Les hommes politiques sont-ils nuisibles ? (part.2) On est obligé de le penser face à une histoire de clochemerle un rien ahurissante. La commune de Bazainville dans les Yvelines a inventé la « noncalisation ». J’explique : lors de la très populiste présidentielle, les candidats ont grimpé sur leurs petits ergots, bramé leurs émotions contre les délocalisations et imploré les industriels pour une relocalisation, mais les élus de Bazainville ont pris une position médiane, une sorte d’entre-deux.  

En effet, une majorité de conseillers municipaux ont décidé de ne pas accepter l’agrandissement de l’usine du groupe Krys sur le territoire de leur commune au prétexte qu’il faudrait modifier le plan local d’urbanisme et que cette extension industrielle pourrait ne pas être je cite, « esthétique » dans le paysage si riant de cette municipalité de moins de 1.500 âmes !

Dans cette usine, le groupe Krys fabrique des verres pour ses 1.350 magasins et veut augmenter la production délocalisée jusque-là à Bangkok en Thaïlande. « Nous nous sommes rendu compte que nous pouvions fabriquer en France avec une meilleure qualité de service, de prestations, plus de flexibilité, sans pour autant perdre en productivité », a expliqué le directeur du site au Parisien du 10 mai dernier. L’agrandissement de l’usine sur 3.000 m2 et la relocalisation s’accompagnent évidemment de l’embauche de personnels, au bas mot une trentaine d’emplois supplémentaires, c’est peu, mais en des temps de disette, c’est mieux que rien. « Nous sommes le deuxième employeur des environs après l’hôpital », rappelle le responsable de l’usine.

Les élus locaux semblent sourds, endormis par les lobbies NIMBY (Not In My Back Yard), le syndrome anglo-saxon du « pas dans mon arrière-cour » qui pousse de plus en plus de populations à refuser les usines, autoroutes, aéroports, centres d’enfouissement, antennes radioélectriques, incinérateurs, lignes à haute tension, etc. dans leur environnement proche qu'ils veulent préserver des envahisseurs. Espérons que les "noncalisations" soient des incidents politiques, pas sûr, quand on sait que les NIMBY se portent comme un charme dans nos pays vieillissants où les retraités ont plus de poids électoral que les chômeurs… 

Par Le captologue - Publié dans : Signaux faibles
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Jeudi 10 mai 2012 4 10 /05 /Mai /2012 08:59

Alors que la France vire au rouge, un numéro de MO l'emag consacré à l'élégance du Beige Blanc Rose. Dans cette même édition, à lire et à voir : Des Styles très Red Carpet (Festival de Cannes oblige...), des tendances : Beauté sous Contrôle, Entièrement Nude, la Ligne Claire, Simple comme un Jonc, le Mo(t) du Mois consacré au Showrooming, et toutes les rubriques habituelles... 

MO-16-couv.jpg

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JumellesPour écrire les nouvelles histoires du monde, il faut aller à l'intuition, laisser filer la pensée, il faut aussi savoir capter les mouvements d'une humanité agitée, éclatée. Rien de telle qu'une immersion permanente dans un bouillon de cultures. Culture économique, culture sociale, culture politique, culture artistique, culture marchande... : le regard doit être partout pour attraper d'un coup d'oeil le fugace, l'indicible.
Le captologue est un voyeur du moment présent qui ne ferme les yeux que pour imaginer de quoi demain sera fait.
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